:: OBSERVATOIRE DE LA SOCIÉTÉ - UN PEU DE PERSO ::

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UN PEU DE PERSO

:: Mardi 28 octobre 2008 ::

http://www.hubertreeves.info/index.html

Terre, planète bleue

Terre, planète bleue, où des astronomes exaltés capturent  la lumière des étoiles aux confins de l'espace.

Terre, planète bleue, où un cosmonaute, au hublot de sa navette, nomme les continents des géographies de son enfance.

Terre, planète bleue, où une asphodèle germe dans les entrailles d'un migrateur mort d'épuisement sur un rocher de haute mer.

Terre, planète bleue, où un dictateur fête Noël en famille alors que, par milliers, des corps brûlent dans les fours crématoires.

Terre, planète bleue, où, décroché avec fracas de la banquise polaire, un iceberg bleuté entreprend son long périple océanique.

Terre, planète bleue, où, dans une gare de banlieue, une famille attend un prisonnier politique séquestré depuis vingt ans.

Terre, planète bleue, où à chaque printemps le Soleil ramène les fleurs dans les sous-bois obscurs.

Terre, planète bleue, où seize familles ont accumulé plus de richesses que quarante huit pays démunis.

Terre, planète bleue, où un orphelin se jette du troisième étage pour échapper aux sévices des surveillants.

Terre, planète bleue, où, à la nuit tombée, un maçon contemple avec fierté le mur de briques élevé tout au long du jour.

Terre, planète bleue, où un maître de chapelle écrit les dernières notes d'une cantate qui enchantera le cœur des hommes pendant des siècles.

Terre, planète bleue, où une mère tient dans ses bras un enfant mort du sida transmis à son mari à la fête du village.

Terre, planète bleue, où un navigateur solitaire regarde son grand mât s'effondrer sous le choc des déferlantes.

Terre, planète bleue, où, sur un divan de psychanalyse, un homme reste muet.

Terre, planète bleue, où un chevreuil agonise dans un buisson, blessé par un chasseur qui ne l'a pas recherché.

Terre, planète bleue, où, vêtue de couleurs éclatantes, une femme choisit ses légumes verts sur les étals d' un marché africain.

Terre, planète bleue, qui accomplit son quatre-milliard-cinq cent-cinquante-six-millionième tour autour d'un Soleil qui achève sa vingt-cinquième révolution autour de la Voie Lactée.


Hubert Reeves

 


:: loup 2008-10-28 19:03:13 [Permalien] ::
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:: Jeudi 16 octobre 2008 ::
UNE FLEUR RETROUVEE Grande conclusion

 

            3058 Nous sommes dans des temps pires que pire. Il n’y a plus de raison à rien et les gens ont tous été endormi dans un parfum d’oubli. L’oubli de la beauté des choses, des merveilles de la vie. De ce paysage funeste, il ne reste que moi, la petite fleur oubliée qui n’a jamais été aperçue. J’ai de la misère à respirer car l’air est trop lourd.

            Puis une femme, elle était là, déchirée par la douleur. Une douleur qui lui transperçait l’âme. Une peine noyée de larmes à un point tel qu’elle ne pouvait plus penser, sinon qu’à une seule chose : la recherche d’un peu de bonté. Elle était là, assise et pleurant sans cesse. Sa mort approchait, une mort terrible la pire qui soit, pire que la pollution, une mort de chagrin.

 

            À ses genoux se trouvait une petite fleur. Cette petite fleur semblait se battre pour ne pas faner ne serait ce qu’un peu car si elle perdait de sa beauté, personne ne la regarderait ou encore pire, on ferait semblant de ne pas la voir. Mais elle semblait si fragile dans sa lutte. C’est alors que dans un effort déchaîné la fleur s’étira juste assez pour se mouiller des larmes de la malheureuse. AAHH!! Que de bien-être, une douche de fraîcheur.

 

             Elle pleurait quand soudain, elle la vit. Elle la vit à son meilleur, elle semblait si fraîche et en même temps si pur. Parsemé de rosée comme par un matin au soleil levant. C’était comme un rêve, une si grande beauté. Elle ressemblait à ce que ses ancêtres lui avaient souvent décrit. Comme dans les livres interdits par les rapaces. La mort n’était plus, l’oubli du reste à son plus fort, elle voulait désormais vivre que pour cette beauté. Les mois passèrent et elle en prit si soin qu’elle répandit son pollen partout, ne se souciant de personnes. Elle répandit le doux parfum de ses fleurs à travers la saleté et les ordures de tous. Elle n’oublia pas un coin.

 

            Les maudits la regardait et éprouvèrent pour la première fois de leur vie une sensation étrange, l’amour... Oui l’amour. Mais... un amour impossible à leurs yeux car elle, elle ne se souciait même pas d’eux. L’amour les avait oubliés. De toute façon, ils ne savaient pas réellement aimer. Ils vivaient d’accord pour la première fois l’amour, mais ils ne savaient pas trop quoi en faire, sinon la posséder pour dire qu’ils l’avaient. Vanité des vaniteux, tous en même temps vanitèrent et coururent pour se l’arracher. Mais... À l’instant où ils posèrent leurs doigts pour l’agripper, ils l’effleurèrent en fait. Elle était si fraîche, elle sentait si bon que même s’ils ne voulaient pas, ils n’avaient pas le choix de l’aimer purement et d’aimer l’aimer. Par contre, la vanité toujours présente, ils se tournèrent les uns contre les autres, il s’en suivit un massacre des plus terribles. En un meilleur terme, les cochons contre les cochons.

 

            Tous morts, il ne resta qu’elle pleurant sur ses fleurs et surtout sur sa première qu’elle aimait plus que toute les autres car elle, elle était son amour, sa venue au bonheur. Elle pleurait, pleurait de joie. Les années passèrent et dû à la disparition des indifférents et des rapaces, les sensibles se sont retrouvés petit à petit et la poussière retomba pour s’évanouir dans la terre. Le ciel apparu lentement et la nature reprit naissance sous forme de grand jardin si bien respecté par toutes les âmes vivantes.     

Fin  (Loup)


:: loup 2008-10-16 15:12:59 [Permalien] ::
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:: Mercredi 24 septembre 2008 ::
UN VOYAGE CRUCIAL GENRE DE CONCLUSION

À ce moment mon cœur se serra et ce pour au moins quelques jours. La traversée, je sais très bien, durera dix-huit heures. Dix-huit heures entassés dans un camion. Les minutes se suivent et nous parlons de l’aspect technique de la tentative. Toujours au vin, ils nous remercièrent pour les cigarettes et la boisson. Alors dans un élan d’émotions je leur dit d’attendre que je vais en rouler plusieurs pour eux. Avec Fred, je me mets à rouler le plus de cigarettes possible. Leurs yeux de reconnaissance à travers la souffrance m’incitent à en rouler le plus possible. Pendant ce temps, l’un d’entre eux nous explique la raison de la fuite. Je vois qu’ils sont trois frères, mais ils m’expliquent qu’avant leur fuite, ils ne se connaissaient pas. Je reste stupéfait. Quelles souffrances peuvent porter trois inconnus à fuir ensemble et à se faire confiance ? L’un d’entre eux explique alors la raison de leur départ.  

 

À Alger nous dit-il, un touriste dans la rue ne fait rien d’autre que chercher à mourir. Ma gorge se serra un peu plus. Les trois ont perdu toute leur famille. Massacré, assassiné ou alors porté disparu. Le plus jeune raconte alors la mort de son dernier frère tué quatre jours avant. Son frère avait un petit kiosque de sandwich et lui il le regardait faire. Un homme avec un long manteau arriva près de son frère et commanda un sandwich. Son frère aussitôt se pencha et se mit au travail. À ce moment l’homme sortit une arme à feu et pointe le jeune assis à coté de son frère. Voyant sa mort venue, nous racontait-il, l’homme tourna l’arme en direction de son frère et le tira d’une balle en pleine tête. L’homme s’enfuit en faisant semblant de tirer sur le jeune. Un autre repris et conta que sa sœur a retrouvé son bébé de trois mois déchiqueté dans une boite aux lettres. Maintenant elle est morte à coups de couteau. Ils nous parlent et à chaque dix mots ils te demandent de les croire, de croire l’inimaginable. « La raison de notre fuite est que nous mourrions ou que nous prenions la chance de vivre. » Un des trois, le plus vieux, dit qu’il a un frère en Italie quelque part à Rome. Ils veulent le retrouver, c’est leur seule chance.
:: loup 2008-09-24 21:47:12 [Permalien] ::
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:: Vendredi 19 septembre 2008 ::
UN VOYAGE CRUCIAL la suite

Plusieurs personnes semblent attendre le train, mais lorsque celui-ci arrive, ils n’embarquent pas. Et ce à chaque train. Je me dis : « C’est une habitude des gens d’ici de venir échanger à la gare.» Je me suis trouvé comme scénario que c’est des pilleurs de touristes et je prends alors la décision de ne pas faire exprès de les approcher. Comble de malheur, il me vient une envie épouvantable d’aller à la toilette, sûrement due au vin. Mon problème est que les toilettes sont exactement à l’endroit des pilleurs de touristes. Pas le choix, je dois y aller et je demande à Fred (l’ami avec qui je voyage) de me surveiller attentivement pour mon aller retour. (Drôle de situation). Je me lève et commence ma marche. En me dirigeant vers eux, je me voyais à terre le sang coulant du nez (Paranoia de type B). Au moment où je me trouve au travers d’eux, je me sens incroyablement regardé. Je vais aux toilettes et je retourne a mon banc indemne et soulagé dans les deux sens. Je venais de faire une belle projection à propos de ces gens qui, en réalité, ont autant de raisons que moi d’être là à attendre sans prendre le train.

        

Remis de mes petites émotions de cette petite aventure intérieure, je décide de me rouler une cigarette. Ce geste est le point tournant de la journée. Trois hommes d’âge différent viennent à nous et me parlent. Un des trois, apparemment le plus vieux, me demande si j’aurais une cigarette pour lui. Je réponds que oui et j’en offre une à chaque. Les deux autres, bien sûr, acceptent. Je me mets à rouler aidé de mon ami Fred, dû au travail de conception accru. Durant cette conception, un début de discussion prend forme. Ils parlaient français et n’étaient sûrement pas Grecs. La française avec nous demande alors d’ou ils viennent. La réponse fut Algérie, précisément Alger. Je compris à ce moment précis que la vie n’est RÉELLEMENT PAS toujours rose. Ils s’allumèrent leurs cigarettes et je remarquai à quel point ils la savouraient intensément. Je compris à ce moment que ces gens là n’en avaient pas de facile. Je leur offre alors avec amour et fraternité de boire le vin avec nous. La cigarette et le vin nous donne un moment privilégié de créer un lien entre nous. Quand ils parlent ils te disent « mon ami ». C’est qu’ils nous disent qu’ils viennent juste de s’enfuir d’Algérie et sont complètement illégaux. Pas un sous, pas de papiers, seulement leur dignité. Ils disent attendre le bateau de dix-huit heures pour Brindisi. Moi tout content et bien naïf je m’exclame : « Mais on prend le même bateau ! ». Alors l’un d’entre eux me dit qu’ils attendent la noirceur de cinq heures pour se cacher dans un derrière de camion. Ainsi ils auraient peut être une chance de passer en Italie.  à suivre
:: loup 2008-09-19 13:08:30 [Permalien] ::
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:: Jeudi 4 septembre 2008 ::
Un voyage crucial suite

SITUATION

 

Assis à la gare, je prends le temps de me rouler une cigarette. C’est peut être fou à dire, mais dans une situation de voyage, me rouler une cigarette m’absorbe dans un état d’esprit bien particulier. Le temps à prendre pour le processus de roulage et ensuite de consommation vient apporter en moi ce petit rituel bien à moi qui me rassure. L’assurance de mon identité non en tant que canadien mais en tant que moi. Donc assis à la gare, clope au bec, nous sirotons un bon vin bien de la place. Rien à cet endroit ne m’est familier, le rythme de vie des gens du milieu m’est totalement étranger. J’adore respirer l’inconnu qui est partout autour de moi. Bien à mon aise, je ne parle pas mais je me contente de regarder et d’imaginer des scénarios insensés. Pour cette raison, j’adore et je dévore les instants où j’ai l’occasion d’échanger avec un étranger.

        

La gare de train de Patras est située au bord d’une baie menant à la mer. Devant la gare, c’est le port où les bateaux font la liaison avec l’Italie. Il est midi et notre bateau pour Brindisi en Italie est à dix-huit heures. Nous avons six heures devant nous et laissez moi vous dire que j’ai comme ambition de les prendre très légèrement. Un banc me suffit. Pourquoi plus ? C’est bien beau visiter, visiter mais des fois, et surtout ce jour la, on en voit plus et on en vit plus en restant là sans bouger, seulement contempler. Je parle ici d’un contexte bien particulier. Ce n’est pas parce que ce jour là, je ne voulais pas bouger que c’était toujours de même. Le vin très bon, et en quantité bien plus qu’assez, je me laisse bercer par le vent. Je regarde les gens autour et je remarque une chose.   à suivre
:: loup 2008-09-04 19:00:47 [Permalien] ::
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