:: OBSERVATOIRE DE LA SOCIÉTÉ - UN PEU DE PERSO ::QUEL BORDEL | |||||||||||||||
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Terre, planète bleue Terre, planète bleue, où des astronomes exaltés capturent la lumière des étoiles aux confins de l'espace. Terre, planète bleue, où un cosmonaute, au hublot de sa navette, nomme les continents des géographies de son enfance. Terre, planète bleue, où une asphodèle germe dans les entrailles d'un migrateur mort d'épuisement sur un rocher de haute mer. Terre, planète bleue, où un dictateur fête Noël en famille alors que, par milliers, des corps brûlent dans les fours crématoires. Terre, planète bleue, où, décroché avec fracas de la banquise polaire, un iceberg bleuté entreprend son long périple océanique. Terre, planète bleue, où, dans une gare de banlieue, une famille attend un prisonnier politique séquestré depuis vingt ans. Terre, planète bleue, où à chaque printemps le Soleil ramène les fleurs dans les sous-bois obscurs. Terre, planète bleue, où seize familles ont accumulé plus de richesses que quarante huit pays démunis. Terre, planète bleue, où un orphelin se jette du troisième étage pour échapper aux sévices des surveillants. Terre, planète bleue, où, à la nuit tombée, un maçon contemple avec fierté le mur de briques élevé tout au long du jour. Terre, planète bleue, où un maître de chapelle écrit les dernières notes d'une cantate qui enchantera le cœur des hommes pendant des siècles. Terre, planète bleue, où une mère tient dans ses bras un enfant mort du sida transmis à son mari à la fête du village. Terre, planète bleue, où un navigateur solitaire regarde son grand mât s'effondrer sous le choc des déferlantes. Terre, planète bleue, où, sur un divan de psychanalyse, un homme reste muet. Terre, planète bleue, où un chevreuil agonise dans un buisson, blessé par un chasseur qui ne l'a pas recherché. Terre, planète bleue, où, vêtue de couleurs éclatantes, une femme choisit ses légumes verts sur les étals d' un marché africain. Terre, planète bleue, qui accomplit son quatre-milliard-cinq cent-cinquante-six-millionième tour autour d'un Soleil qui achève sa vingt-cinquième révolution autour de Puis une femme, elle était là, déchirée par la douleur. Une douleur qui lui transperçait l’âme. Une peine noyée de larmes à un point tel qu’elle ne pouvait plus penser, sinon qu’à une seule chose : la recherche d’un peu de bonté. Elle était là, assise et pleurant sans cesse. Sa mort approchait, une mort terrible la pire qui soit, pire que la pollution, une mort de chagrin. À ses genoux se trouvait une petite fleur. Cette petite fleur semblait se battre pour ne pas faner ne serait ce qu’un peu car si elle perdait de sa beauté, personne ne la regarderait ou encore pire, on ferait semblant de ne pas la voir. Mais elle semblait si fragile dans sa lutte. C’est alors que dans un effort déchaîné la fleur s’étira juste assez pour se mouiller des larmes de la malheureuse. AAHH!! Que de bien-être, une douche de fraîcheur. Elle pleurait quand soudain, elle la vit. Elle la vit à son meilleur, elle semblait si fraîche et en même temps si pur. Parsemé de rosée comme par un matin au soleil levant. C’était comme un rêve, une si grande beauté. Elle ressemblait à ce que ses ancêtres lui avaient souvent décrit. Comme dans les livres interdits par les rapaces. La mort n’était plus, l’oubli du reste à son plus fort, elle voulait désormais vivre que pour cette beauté. Les mois passèrent et elle en prit si soin qu’elle répandit son pollen partout, ne se souciant de personnes. Elle répandit le doux parfum de ses fleurs à travers la saleté et les ordures de tous. Elle n’oublia pas un coin. Les maudits la regardait et éprouvèrent pour la première fois de leur vie une sensation étrange, l’amour... Oui l’amour. Mais... un amour impossible à leurs yeux car elle, elle ne se souciait même pas d’eux. L’amour les avait oubliés. De toute façon, ils ne savaient pas réellement aimer. Ils vivaient d’accord pour la première fois l’amour, mais ils ne savaient pas trop quoi en faire, sinon la posséder pour dire qu’ils l’avaient. Vanité des vaniteux, tous en même temps vanitèrent et coururent pour se l’arracher. Mais... À l’instant où ils posèrent leurs doigts pour l’agripper, ils l’effleurèrent en fait. Elle était si fraîche, elle sentait si bon que même s’ils ne voulaient pas, ils n’avaient pas le choix de l’aimer purement et d’aimer l’aimer. Par contre, la vanité toujours présente, ils se tournèrent les uns contre les autres, il s’en suivit un massacre des plus terribles. En un meilleur terme, les cochons contre les cochons. Tous morts, il ne resta qu’elle pleurant sur ses fleurs et surtout sur sa première qu’elle aimait plus que toute les autres car elle, elle était son amour, sa venue au bonheur. Elle pleurait, pleurait de joie. Les années passèrent et dû à la disparition des indifférents et des rapaces, les sensibles se sont retrouvés petit à petit et la poussière retomba pour s’évanouir dans la terre. Le ciel apparu lentement et la nature reprit naissance sous forme de grand jardin si bien respecté par toutes les âmes vivantes. Fin (Loup) À ce moment mon cœur se serra et ce pour au moins quelques jours. La traversée, je sais très bien, durera dix-huit heures. Dix-huit heures entassés dans un camion. Les minutes se suivent et nous parlons de l’aspect technique de la tentative. Toujours au vin, ils nous remercièrent pour les cigarettes et la boisson. Alors dans un élan d’émotions je leur dit d’attendre que je vais en rouler plusieurs pour eux. Avec Fred, je me mets à rouler le plus de cigarettes possible. Leurs yeux de reconnaissance à travers la souffrance m’incitent à en rouler le plus possible. Pendant ce temps, l’un d’entre eux nous explique la raison de la fuite. Je vois qu’ils sont trois frères, mais ils m’expliquent qu’avant leur fuite, ils ne se connaissaient pas. Je reste stupéfait. Quelles souffrances peuvent porter trois inconnus à fuir ensemble et à se faire confiance ? L’un d’entre eux explique alors la raison de leur départ. Plusieurs personnes semblent attendre le train, mais lorsque celui-ci arrive, ils n’embarquent pas. Et ce à chaque train. Je me dis : « C’est une habitude des gens d’ici de venir échanger à la gare.» Je me suis trouvé comme scénario que c’est des pilleurs de touristes et je prends alors la décision de ne pas faire exprès de les approcher. Comble de malheur, il me vient une envie épouvantable d’aller à la toilette, sûrement due au vin. Mon problème est que les toilettes sont exactement à l’endroit des pilleurs de touristes. Pas le choix, je dois y aller et je demande à Fred (l’ami avec qui je voyage) de me surveiller attentivement pour mon aller retour. (Drôle de situation). Je me lève et commence ma marche. En me dirigeant vers eux, je me voyais à terre le sang coulant du nez (Paranoia de type B). Au moment où je me trouve au travers d’eux, je me sens incroyablement regardé. Je vais aux toilettes et je retourne a mon banc indemne et soulagé dans les deux sens. Je venais de faire une belle projection à propos de ces gens qui, en réalité, ont autant de raisons que moi d’être là à attendre sans prendre le train. Assis à la gare, je prends le temps de me rouler une cigarette. C’est peut être fou à dire, mais dans une situation de voyage, me rouler une cigarette m’absorbe dans un état d’esprit bien particulier. Le temps à prendre pour le processus de roulage et ensuite de consommation vient apporter en moi ce petit rituel bien à moi qui me rassure. L’assurance de mon identité non en tant que canadien mais en tant que moi. Donc assis à la gare, clope au bec, nous sirotons un bon vin bien de la place. Rien à cet endroit ne m’est familier, le rythme de vie des gens du milieu m’est totalement étranger. J’adore respirer l’inconnu qui est partout autour de moi. Bien à mon aise, je ne parle pas mais je me contente de regarder et d’imaginer des scénarios insensés. Pour cette raison, j’adore et je dévore les instants où j’ai l’occasion d’échanger avec un étranger. :: Articles 1 à 5 sur 10 ::Pages: 1 | 2 |
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